Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 10:02

‎"L'énergie est un droit essentiel et doit être 100% publique"

Mercredi dernier, avec une vingtaine d’élus communistes et républicains de notre territoire, nous avons visité la tranche n°1 de la centrale de Penly. Parmi ces élus, nous comptions Guy Sénécal - Maire d’Arques-la-Bataille, Laurent Jacques - 1er adjoint au Maire du Tréport plus habitué à se retrouver au milieux des fours de l’industrie du verre, et Mickaël Pajot - conseiller municipal délégué à Dieppe et salarié d’une entreprise de sous-traitance.

Cette visite a confirmé (et rassuré pour d’autres !) la haute exigence de sûreté, de sécurité, de contrôles qui règne dans une centrale nucléaire et la nécessité de maintenir cette production et toute l’énergie hors des mains du libre marché et de la concurrence dans l’intérêt des usagers-habitants-salariés-territoires.

La rencontre avec une délégation d’une dizaine de salariés autour d’un déjeuner, puis avec la presse, a été l’occasion de nourrir notre réflexion et de réaffirmer les 12 exigences que nous porterons à l’occasion de l’élection présidentielle aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, et des élections législatives.

Les voici : 

1- l’énergie est un droit universel et ce quelque soit son mode de production.

En France, la précarité énergétique touche plus de 3,7 millions de foyers. 100 000 coupures de gaz et 150 000 coupures d’électricité ont lieu chaque année. Ajouter : incendies ayant causé des morts suite à l’éclairage à la bougie. 

Les élus communistes demandent dans un projet de loi leur interdiction en période hivernale.

Le droit à l’énergie pour tous impose de conduire cette transition énergétique en bannissant les scénarios qui livrent l’énergie au marché et conduisent à l’explosion des tarifs. 
L’énergie doit rester ou redevenir un bien commun, maîtrisé publiquement et accessible à tous.

2 –Sortir d’urgence des énergies carbonées
Les prévisions du GIEC nous commandent de réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici 2050 et de 80% dans les pays industrialisés. La sortie annoncée du nucléaire par l’Allemagne ou la Belgique va se traduire par un recours accru aux énergies fossiles, gaz et charbon.

Pourtant l’urgence est réduire nos émissions de gaz à effet de serre, source du réchauffement climatique. Voilà ce qui coûte ! En vies humaines, montée du niveau des eaux, menaces sur les cultures dans certaines parties du globe et en centaines de milliards d’euros. 

Nous considérons que le développement impératif des énergies renouvelables ne saurait exclure le recours à un nucléaire mieux sécurisé dans un mix énergétique rééquilibré. 

3 – Un plan national pour l’efficacité énergétique dans l’habitat

Un programme national de rénovation thermique de l’habitat du parc de logement existant – public comme privé – doit être immédiatement lancé. A l’opposé des politiques de l’habitat impulsée par la droite et notamment la loi Boutin qui asphyxient les organismes HLM en détournant le 1% et l’épargne du Livret A.

4 – Une politique nationale des transports favorisant le recul de l’utilisation des énergies carbonées.

Nous préconisons l’élaboration d’un vaste programme d’économie et d’efficacité énergétiques en matière de transports :
- la priorité donnée aux transports collectifs urbains et interurbains,
- un plan national de ferroutage sous le contrôle public de la SNCF,
- le développement du transport fluvial,
- le soutien à tous les investissements industriels pour la voiture propre de demain.

5 – Une ré-industrialisation écologiquement innovante

Notre pays a besoin d’une nouvelle politique industrielle innovante. 

Cela suppose de produire l’énergie nécessaire en conséquence. Mais cette ré-industrialisation doit être conduite dans le cadre d’une planification écologique vers des modèles plus économes en énergie et moins producteurs de déchets. 

La RetD est le parent pauvre des multinationales, sacrifiée par la rentabilité à court terme. Energie, transport,… investir et soutenir la recherche aujourd’hui, c’est se préparer à répondre aux enjeux industriels et écologiques de demain.

6 – Un plan national cohérent et ambitieux de développement des énergies renouvelables nouvelles

Le bradage, aux firmes privées, du potentiel hydroélectrique représente un véritable danger qu’il nous faut combattre.

Le développement d’énergies nouvelles (solaire, éolien, géothermie…) est indispensable. Des politiques publiques de filières – cohérentes et pérennes – doivent être déployées. 
Non pas anarchiquement, au gré des volontés des promoteurs privés mais dans le cadre d’un schéma cohérent, au plan national et européen. 

Cela permettrait d’éviter le mitage de nos campagnes, au détriment des surfaces agricoles et des paysages, et surtout du montant des factures d’électricité. (notamment au sujet du Parc éolien des 2 Côtes entre Dieppe et Le Tréport)
Nous réaffirmons notre soutien au monde maritime, à leur activité essentielle à l’emploi et à l’équilibre de notre territoire, au secteur touristique.

Ces énergies sont intermittentes et doivent être compensées, en cas d’arrêt par des centrales au gaz ou au charbon. Là aussi, cette nouvelle ambition doit être conduite sous maîtrise publique.

Nous défendons la création d’une Agence Européenne de l’Energie pour dépasser la concurrence absurde entre opérateurs et entre pays. 
L’Allemagne importe de l’énergie nucléaire française, preuve qu’il y a des interconnexions entre pays et leurs productions d’énergie. Elles sont à améliorer dans l’intérêt des usagers.

7 – Un nucléaire sécurisé, 100% public, dans un mix énergétique rééquilibré

La croissance à venir des besoins, l’impératif de la lutte contre le réchauffement climatique, les capacités réelles de montée en charge des énergies renouvelables nouvelles nous conduisent à considérer que la présence du nucléaire civil dans le mix énergétique restera nécessaire et qu’il est une garantie pour la maîtrise de la facture énergétique des français.

L’accident nucléaire de Fukushima, causé par deux phénomènes naturels (séisme + tsunami) spécifiques à la région, est également le résultat de l’organisation du marché japonais de l’énergie. 
Onze opérateurs privés différents. TEPCO, soucieux des dividendes de ses actionnaires, avait maquillé des rapports sur l’état de la sureté des réacteurs, économisé sur l’entretien et l’élévation du niveau de sûreté. 

Le PCF estime ensuite que la question immédiate essentielle qui se pose en matière de nucléaire civil est celle d’une élévation décisive, nationale et internationale, des garanties de sureté nucléaire. 

L’intégration de la sous-traitance, la protection et les droits des personnels doivent redevenir des priorités, contre la recherche actuelle d’économies sur la sécurité.

Nous soutenons la revendication des salariés du nucléaire d’un statut commun reprenant les plus hautes garanties sociales d’Areva et EDF.

Nous rendons hommage au professionnalisme des salariés sous-statut et sous-traitants, qui, dans un univers complexe et relevant de la haute technologie, accomplissent leurs missions de service public en garantissant le plus niveau de sûreté pour les populations alentours.
On peut parfois estimé à juste titre qu’ils sont méprisés dans certaine déclaration.

8 – Une condition expresse : la maîtrise publique

Où sont les effets bénéfiques de la libéralisation du marché de l’énergie ? du démantèlement de la grande entreprise publique EDF-GDF ? 
Si ce n’est pour la rente des actionnaires d’EDF (3M en 2010) et GDF-SUEZ (près de 5M en 2010) et la flambée des factures.
L’énergie doit sortir du marché. Nous défendons le principe d’une gestion de l’énergie 100% publique, avec la création d’un pôle public de l’énergie, regroupant EDF et GDF, ainsi que Total.

Nous voulons abroger la loi NOME (1/3 de la production nucléaire revendu aux opérateurs privés).

Ce service public doit avoir la capacité d’investir dans la recherche, la promotion d’énergie nouvelles et de nouvelles capacités de production, tout en maintenant un coût d’accès à l’énergie acceptable pour tous.

La démocratie à tous les niveaux doit être le moyen de garantir aux citoyens, aux élus et aux salariés, les droits d’information, de co-élaboration, de contrôle des décisions, d’évaluation de l’impact écologique des productions et des risques industriels et sanitaires. 

9 – Investir dans la recherche

Une condition sine qua non de la réussite d’une transition énergétique aussi ambitieuse est le déploiement d’un effort massif, public, de recherche, qui doit être mené dans toutes les directions.

10 – Garantir des financements pérennes

La maîtrise publique est indispensable pour empêcher le captage par les appétits privés, des ressources financières nécessaires au développement de la recherche et d’énergies nouvelles, aux péréquations de tarifs, aux mutualisations et aux coopérations industrielles. 

11- Penly

Chaque déclaration politicienne ajoute une épine dans le pied des entreprises locales qui se préparent à accueillir le chantier, dans le pied des jeunes, des chômeurs, des salariés qui souhaitent se former pour travailler sur le chantier ou à l’exploitation, dans le pied des collectivités, des bailleurs HLM, des services publics qui doivent anticiper les besoins résultant du chantier ( logements, santé, sécurité, transports, écoles…)

Nous réaffirmons à l’occasion de cette visite que l’EPR de Penly est une nécessité pour la France et pour notre région pour les raisons développées ci-dessus que nous rappelons:

Tenir les recommandations du GIEC, le Grenelle de l’environnement et le protocole de Kyoto en réduisant les GES

Produire et vendre de l’électricité accessible en maîtrisant les coûts et le prix de vente à l’usager

Vers un nucléaire de plus en plus sécurisé et efficace
Exemplaire économiquement, socialement et écologiquement. 
En lien avec les élus locaux, les salariés et leurs syndicats, élaborer un cahier des charges du mieux-disant social

Vers une dynamisation de l’économie locale et des formations
Au sujet de l’emploi local, le besoin d’une clause territoriale dans le recrutement de la main d’œuvre pour que les 3000 emplois du chantier profitent à la population locale.

Concernant les formations, qu’elles soient scolaires ou professionnelles, elles sont déterminantes si l’on veut contrer le dumping-social et le recours à la main-d’œuvre non qualifiée des pays à bas coûts. 

Je souhaite que l’on fasse plus pour anticiper les besoins et qu’on lance une grande campagne d’information-formation-recrutement pour permettre à notre bassin d’emploi de profiter de l’élan du chantier.

Paluel, Penly et l’EPR, en partenariat avec EDF, Dieppe est dans les faits une capitale de l’énergie, une école d’ingénieur peut et doit voir le jour.
12- Débat d’envergure nationale
La question de l’énergie est l’affaire de tous. S’il ne doit pas empêcher les uns et les autres de soutenir leurs positions, le recours à un débat national sur l’avenir énergétique de la France (service public, recours aux différentes énergies, etc.) est indispensable.

Par pcfdieppe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 18:21

Voici la vidéo de la prise de parole de Sébastien Jumel, Maire de Dieppe et candidat à l'élection législative, devant l'Assemblée Générale des salariés de Pétroplus, raffinerie seinomarine en grève depuis plusieurs semaines.

 

Par pcfdieppe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 09:32

 

melanchon a petroplus

Depuis trois semaines, les 550 ouvriers, employés, agents de maîtrise, techniciens et cadres de PETROPLUS mènent une lutte courageuse.

Au-delà de la sauvegarde de leurs emplois et de l’activité du site de Petit Couronne, ils sont mobilisés pour l’avenir de l’industrie du raffinage en France et pour l’indépendance énergétique de notre pays.

Face à eux, leur employeur mais également l’ensemble des majors du pétrole, font fi de l’humain et n’ont aucun égard pour l’économie des pays européens sur le territoire desquels, de longue date, ils ont implanté leurs raffineries.

Le seul horizon des compagnies pétrolières c’est la rentabilité financière, des taux de profits maximum qui permettent de toujours mieux rémunérer les actionnaires !

Pour leur octroyer une rente maximum, ils n’hésitent pas à délocaliser la fabrication de produits raffinés dans des pays à bas coût de main d’œuvre tels l’Inde ou le Quatar pour ne prendre que ces exemples.

Le consortium anglo-néerlandais SHELL, anciennement propriétaire de l’usine de Petit Couronne est l’un des acteurs de cette politique au même titre que d’autres multinationales telles EXXON, BRITISH PETROLEUM ou TOTAL.

Voilà pourquoi ils bradent leurs unités françaises mais aussi celles des pays qui nous entourent à des sociétés opaques comme PETROPLUS dont le seul souci est de rentabiliser leurs acquisitions dans les délais les plus brefs pour mieux s’en séparer le plus rapidement possible.

Les communistes combattent fermement de telles pratiques inhérentes au capitalisme.

Le Parti Communiste Français, ses élus, avec l’ensemble des composantes du Front de Gauche, non seulement soutiennent les initiatives de l’intersyndicale CGT – CFDT – CGC de PETROPLUS mais ils portent les propositions des travailleurs de cette entreprise dans toutes les assemblées dans lesquelles ils siègent et auprès du gouvernement.

 

Ainsi, dès le 29 décembre 2011, Thierry FOUCAUD – Sénateur Communiste de Seine Maritime et Vice-Président du Sénat, a expressément demandé au Ministre de l’Industrie de recevoir les élus du personnel ; l’entrevue s’est déroulée le 10 janvier 2012.

La lutte conduite avec intelligence par les responsables syndicaux et les salariés place toutes les forces politiques devant leurs responsabilités.

L’intersyndicale CGT – CFDT – CGC a élaboré une proposition de loi qui vise à taxer les importations de produits raffinés en provenance de pays dont sont absentes toutes normes sociales et environnementales.

Une telle mesure si elle s’appliquait, mettrait fin à une concurrence déloyale.

Par ailleurs, l’intersyndicale demande que l’entreprise soit réquisitionnée par l’Etat comme le permet l’article 414 du Code Pénal, ce qui permettrait d’assurer sa pérennité et d’entamer en toute sérennité des démarches auprès des potentiels repreneurs.

Jean-Luc MELENCHON, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, et Pierre LAURENT – Secrétaire National du Parti Communiste Français, se sont engagés lors de leur venue le 6 janvier dernier, à être porteurs de ces deux exigences.

La Fédération de Seine Maritime du Parti Communiste Français émet le souhait qu’un large front se constitue en faveur de ces deux mesures.

Le Parti Communiste Français, ses élus et ses partenaires au sein du Front de Gauche, sauront le rappeler et l’exiger. Il faut désormais passer des paroles aux actes ! Cela vaut pour qui aujourd’hui détient le pouvoir comme pour l’avenir.

Notre département a, historiquement, une vocation industrielle. Il doit la garder et la développer. C’est une condition indispensable si nous voulons résorber le chômage, assurer la prospérité du territoire seino-marin et permettre aux collectivités locales de percevoir les recettes qui leur sont nécessaires.

La Fédération de Seine Maritime du Parti Communiste Français veillera à ce que cette question soit au cœur du débat de la campagne électorale.

 

Rouen, le 12 janvier 2012

Par pcfdieppe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 10:29

Jean-Luc Mélenchon sera dans "Des paroles et des Actes" ce jeudi 12 Janvier sur France 2. 

JANVIER2012

JANVIER2012 (2)

Par pcfdieppe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 13:46

                                            6a011570288905970b01156f6a03ec970c-800wi.png

L’année qui commence va beaucoup compter pour chacune et chacun d’entre nous. Les vœux de santé et de vie meilleure que nous formulons s’accompagnent d’un appel à la vigilance, à la mobilisation la plus unitaire pour empêcher que la situation du monde comme celle  de chaque famille ne s’aggrave. 2012 va-t-elle s’inscrire dans le prolongement des années précédentes avec la spirale sans fin des crises sociales, économiques, écologiques, politiques et un recul de civilisation? Ou, au contraire, les forces progressistes, dans leur diversité, vont-elles, avec le peuple, s’attaquer aux racines du mal en proposant des débats, des interventions,  des innovations qui permettent à une mobilisation citoyenne de se situer à la hauteur de la gravité de la crise et des bouleversements en cours ? N’est-ce pas ce grand enjeu qui devrait être placé au cœur de la campagne électorale en cours en lieu et place des actuelles mesquines palinodies? Il ne faut rien connaitre de la réalité des souffrances et des angoisses qui taraudent chaque jour tant de nos concitoyens pour accepter ou participer à un débat aussi indigent que celui qui nous est majoritairement proposé, à longueur d’antennes et d’écrans de télévision. L’un de nos premiers souhaits est d’obtenir un débat honnête et approfondi entre des options différentes sur les moyens de sortir de l’actuel marasme. Que toutes les cartes soient sur la table ! Qu’une multitudes de confrontations entre économistes, chercheurs, philosophes, salariés, créateurs, syndicalistes, responsables politiques, dirigeants d’entreprises d’opinions diverses soit organisée à la télévision pour permettre au plus grand nombre de participer aux réflexions et de se faire sa propre opinion. Voilà qui nous ferait sortir des sentiers battus ! Voilà qui apporterait une bouffée d’air pur à la société ! Voilà qui ferait reculer les national-populismes d’extrême droite qui menacent partout sur le continent européen !

*
Les puissants qui tiennent aujourd’hui le haut du pavé ne veulent surtout pas d’un tel débat démocratique. Ils en ont peur car ils savent que d’une telle initiative pourraient sortir des solutions radicalement neuves mettant en cause leur pouvoir et leurs privilèges. Ils savent  que pourrait émerger le projet d’une autre organisation de la société qui placerait en son cœur l’être humain et son environnement. Une société nouvelle s’inscrivant dans un processus post-capitaliste dans laquelle on considèrerait qu’à quelque point du globe qu’il se trouve,  tout ce dont un être humain  a besoin pour  vivre , se développer, créer, se cultiver deviendrait des biens inaliénables de haute nécessité. La nature, les écosystèmes, la biosphère seraient un bien commun de l’humanité à préserver, à améliorer. Toutes les politiques découleraient de ces impératifs. Vœux pieux, diront certains. Non ! Légitime et indispensable ambition de notre époque !

*
En effet si la politique ultra-droitière qui prévaut actuellement en Europe avec a sa tête ce curieux duo Sarkozy-Merkel se poursuit, il est sûr que tout va s’aggraver.Pour la raison simple qu’elle  ne vise pas la satisfaction du plus grand nombre, le service de l’intérêt général, mais la défense  acharnée d’un système économique et politique dont la règle absolue est la rentabilité financière et le profit. Si ce système a permis durant  un temps des progrès pour nos sociétés et pour  l’Humanité, il est aujourd’hui porteur de régressions et fait courir d’énormes risques aux populations et à la planète. Le capitalisme, que d’aucuns promettaient de “moraliser”,   devenu de plus en plus financier, secrète injustices et inégalités, pauvreté et famine, chômage de masse et destruction d’activités industrielles, agricoles, technologiques, insécurités sanitaires et insécurité environnementale, gâchis de tous ordres. A un point tel que dans des pays dits développés, un nombre de plus en plus grand d’êtres humains est privé du minimum vital que représentent les droits à  l’alimentation, à la santé, à l’énergie, au logement ou au transport.

*
A ce moment historique, au point si profond  et si inquiétant où se développe  la crise générale qu’engendre ce système lui-même en crise, toutes les tentatives de l’aménager échouent. Nul n’a pu le dompter, car le profit, la rentabilité financière, la plus value tirés du travail mis en concurrence sur toute la planète sont ses aliments, son moteur, son guide suprême.

*
Face au mécontentement grandissant des peuples,  les dirigeants européens installent des élites politiques liées à l’oligarchie financière et bancaire à la tête de chacun des Etats. Le prétexte invoqué est leur « technicité », leur connaissance de « l’économie ». En vérité, ils ne sont que les exécutants directs des exigences du capital contre les travailleurs. Désormais, des chefs de gouvernements et des ministres de l’économie, dans plusieurs pays européens, sont d’anciens cadres des banques américaines ou de la Banque centrale européenne. Et voilà qu’ils en sont désormais à tenter d’imposer des modifications de toutes les constitutions nationales pour pérenniser leur domination en réduisant les souverainetés populaires.

*
Ils déclarent  ne pas trouver  d’argent pour racheter les dettes des Etats, ou  maintenir l’aide aux plus démunis, ou créer les conditions d’un revenu minimum d’existence européen.  Mais la Banque centrale européenne a subitement débloqué, à la fin du mois de décembre, cinq cents milliards d’euros en faveur des banques. Ces mêmes banques qui refusent d’accorder un crédit peu cher aux entreprises en difficultés ou aux PME, PMI qui veulent se développer tandis qu’elles avancent aux Etats ce même argent à des taux usuraires, gonflant ainsi leur rente financière.

*
Ces mêmes dirigeants européens, sous la dictée de Mme Merkel et de M. Sarkozy, inventent un système où -si le nouveau traité européen en cours de discussion était adopté- les parlementaires n’auraient même plus le pouvoir de décider de la conduite de l’Etat, de sa gestion, des orientations budgétaires, de sa politique économique. Il est ainsi prévu que le budget des Etats, c’est-à-dire les impôts ou les services publics, et les options économiques qui s’y appliqueraient seraient décidés par une instance non élue : la Commission de Bruxelles.

*
Ces décisions n’ont rien à voir avec la recherche d’une quelconque efficacité économique, mais tout avec le service aux puissances financières. Ce nouveau régime politique, autoritaire en germe, sera à mettre en échec dans les semaines et les mois à venir. C’est l’un des défis de cette année.  La capacité des peuples à maîtriser leur destin collectif en dépend. En particulier, celle de construire ensemble sur notre continent, une nouvelle Europe solidaire, internationaliste. Cette possibilité serait niée pour très longtemps si l’actuel projet de traité, d’essence dictatoriale, l’emportait. Il accentue en effet  les aspects les plus négatifs de ceux de Maastricht et de Lisbonne et porte en lui les ferments de la division européenne, de tensions nouvelles dans le cadre de l’accentuation de la guerre économique. Savoir si les européens ont besoin d’un projet pour le capitalisme ou pour eux et  une Europe du monde du travail, de la création et des jeunesses, tel est bien l’un des enjeux majeurs des prochaines élections présidentielles et législatives.

*
Nos concitoyens ont rejeté hier ces traités qui nous ont menés à la crise et font dangereusement reculer dans les esprits le nécessaire besoin de coopération européenne. Notre journal s’honore d’avoir contribué avec d’autres forces politiques et sociales au décryptage du traité anticonstitutionnel et à son rejet. Malheureusement ce que nous avons dénoncé à l’époque s’avère exact. Douloureuse expérience pour ceux qui ont sincèrement cru aux bienfaits de ce qui leur était proposé. Aujourd’hui, le Front de gauche reprend le flambeau et appelle à une confrontation loyale des points de vue conclut par   une consultation des citoyens sur ce projet de traité européen concocté par les oligarchies financières. Nicolas Sarkozy en est le principal propagandiste en France, la famille Le Pen assurant la promotion de sa variante national-capitaliste, tendance populiste dont la vocation est de boucher les issues à celles et ceux qui auraient tant besoin que leur vie change enfin. De son côté, François Hollande a avancé l’idée d’une “renégociation”. Sur quelles bases ? Comment ? Avec qui ? Quand ? Pourquoi faire ? Une renégociation-toilettage n’aurait que peu d’effets comme on l’a vu en juin 1997 avec l’acceptation du pacte européen de stabilité. Autant de questions qui ne font que renforcer la légitime exigence d’un débat sérieux permettant l’implication des forces vives du pays et des citoyens eux-mêmes.

*
Le fond de l’affaire est décisif. Il porte sur les causes et la nature de l’actuelle crise, sur  la répartition des richesses, sur la place d’une démocratie de type nouveau. C’est pour être sûr que de plus en plus de richesses issues du travail continuent d’être transférées vers le capital que les dirigeants européens, au service des puissances d’argent, prennent ces décisions. Réduire les dépenses sociales et publiques, pousser aux baisses de rémunération pour les aligner sur les salaires les plus bas en Europe et au-delà dans le monde, précariser et flexibiliser le travail, voilà ce qui les guident. Autant d’éléments qui étaient en filigrane dans les traités de Maastricht et de Lisbonne, que l’expérience a douloureusement éclairés, qui sont maintenant noir sur blanc dans le « Pacte euro-plus » et dans le nouveau projet de traité. C’est ce que propose depuis la présentation de ses vœux, M. Sarkozy avec l’abaissement des salaires et des niveaux de protection sociale, au nom de la « baisse du coût du travail », au nom de la compétitivité et une nouvelle augmentation de TVA, déguisée derrière le vocable de « TVA sociale ». Elle sera anti-sociale !

*
Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche montrent à quel point l’augmentation des salaires, l’arrêt des suppressions d’emplois, l’aide aux entreprises en difficulté par un crédit sélectif et bonifié, la visée de la création d’une sécurité sociale professionnelle et de la formation, le retour à la retraite à 60 ans, la réduction du temps de travail, la relocalisation des activités industrielles et de services, le développement d’une agriculture paysanne, la création d’un pôle public bancaire et financier au service de l’investissement, de l’emploi et de la transition écologique, l’investissement dans de grands programmes de logement, de transport et de santé, pour l’éducation nationale et la culture, sont des choix modernes qui parce qu’ils garantissent l’accès de chacun et chacune à ses droits et sont efficaces pour l’économie et l’écologie. Bref, efficaces pour sortir de la crise.

*
C’est cet autre chemin que nous proposons de défricher pour inventer une autre société, une nouvelle Europe et un autre monde, de justice, de liberté, de paix. C’est au niveau de cet enjeu, celui d’un nouveau projet de civilisation humaine que devrait, selon nous, se situer  la campagne des élections présidentielles et législatives.

*
Hélas, le complexe médiatico-politique inscrit ces élections et la politique en général au cœur d’une société du spectacle loin des préoccupations populaires, loin de la vie de celle ou celui qui est contraint de se rendre à la  permanence du secours populaire, loin de la vie sombre du chômeur, ou de celle de plus en plus difficile de l’infirmière, de la caissière de supermarché, du jeune, angoissé et en quête d’avenir. Mais aussi du créateur, du chercheur, de l’enseignant ou de l’entrepreneur qui, eux aussi, voient leurs activités se heurter au mur de l’argent et du mépris. La crise bouleverse en profondeur les plaques tectoniques de notre monde, à tel point qu’un monde nouveau se cherche et tente d’émerger. Il est de la responsabilité des forces progressistes d’inventer ce nouveau projet post-capitaliste apportant réponse aux crises économique, écologique et à celle du genre humain.

*
Puisse cette année 2012 être une première pierre posée dans cet immense chantier de la transformation sociale et écologique pour l’émancipation humaine.Le Front de Gauche peut en devenir un des outils majeurs. Il doit pour cela encore s’élargir, s’ouvrir, se mettre au service d’un débat créateur et rassembleur à gauche, pour faire émerger des solutions neuves, se placer au cœur des préoccupations des classes populaires, dans les usines et les cités populaires, les universités et  les bureaux. C’est ce comportement politique, porté partout par toutes les composantes du Front de gauche et bien au delà, par une multitude de citoyens qui peut, parce que l’utilité en est ressentie au service de tous et  de la gauche toute entière, créer une dynamique favorable au vote Jean-Luc Mélenchon. Vote anti-Sarkozy, anti -Le Pen, anti austérité par excellence. Vote d’union et d’espoir en l’avenir.

Par pcfdieppe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Horaires d'ouverture

Lundi

9H – 19H

 

Mardi

9H – 17H30

 

Mercredi

9H – 18H30

(permanence trésorerie à partir de 16H)

 

Jeudi

9H – 19H

 

Vendredi

9H – 17H30

(jusqu’à 19H en semaine impaire)

Contacts

Section du Parti Communiste Français de l'agglo dieppoise
27 rue des Maillots 76201 DIEPPE Cedex BP 24
tél: 02.35.84.10.77
fax: 02.35.06.93.06
pcfdieppe@wanadoo.fr

 

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés