"L'énergie est un
droit essentiel et doit être 100% publique"
Mercredi dernier, avec
une vingtaine d’élus communistes et républicains de notre territoire, nous avons visité la tranche n°1 de la centrale de Penly. Parmi ces élus, nous comptions Guy Sénécal - Maire
d’Arques-la-Bataille, Laurent Jacques - 1er adjoint au Maire du Tréport plus habitué à se retrouver au milieux des fours de l’industrie du verre, et Mickaël Pajot - conseiller municipal délégué à
Dieppe et salarié d’une entreprise de sous-traitance.
Cette visite a
confirmé (et rassuré pour d’autres !) la haute exigence de sûreté, de sécurité, de contrôles qui règne dans une centrale nucléaire et la nécessité de maintenir cette production et toute l’énergie
hors des mains du libre marché et de la concurrence dans l’intérêt des usagers-habitants-salariés-territoires.
La rencontre avec une
délégation d’une dizaine de salariés autour d’un déjeuner, puis avec la presse, a été l’occasion de nourrir notre réflexion et de réaffirmer les 12 exigences que nous porterons à l’occasion de
l’élection présidentielle aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, et des élections législatives.
Les voici
:
1- l’énergie est un
droit universel et ce quelque soit son mode de production.
En France, la
précarité énergétique touche plus de 3,7 millions de foyers. 100 000 coupures de gaz et 150 000 coupures d’électricité ont lieu chaque année. Ajouter : incendies ayant causé des morts suite à
l’éclairage à la bougie.
Les élus communistes
demandent dans un projet de loi leur interdiction en période hivernale.
Le droit à l’énergie
pour tous impose de conduire cette transition énergétique en bannissant les scénarios qui livrent l’énergie au marché et conduisent à l’explosion des tarifs.
L’énergie doit rester
ou redevenir un bien commun, maîtrisé publiquement et accessible à tous.
2 –Sortir d’urgence
des énergies carbonées
Les prévisions du GIEC
nous commandent de réduire de 50% les émissions de CO2 d’ici 2050 et de 80% dans les pays industrialisés. La sortie annoncée du nucléaire par l’Allemagne ou la Belgique va se traduire par un
recours accru aux énergies fossiles, gaz et charbon.
Pourtant l’urgence est
réduire nos émissions de gaz à effet de serre, source du réchauffement climatique. Voilà ce qui coûte ! En vies humaines, montée du niveau des eaux, menaces sur les cultures dans certaines
parties du globe et en centaines de milliards d’euros.
Nous considérons que
le développement impératif des énergies renouvelables ne saurait exclure le recours à un nucléaire mieux sécurisé dans un mix énergétique rééquilibré.
3 – Un plan national
pour l’efficacité énergétique dans l’habitat
Un programme national
de rénovation thermique de l’habitat du parc de logement existant – public comme privé – doit être immédiatement lancé. A l’opposé des politiques de l’habitat impulsée par la droite et notamment
la loi Boutin qui asphyxient les organismes HLM en détournant le 1% et l’épargne du Livret A.
4 – Une politique
nationale des transports favorisant le recul de l’utilisation des énergies carbonées.
Nous préconisons
l’élaboration d’un vaste programme d’économie et d’efficacité énergétiques en matière de transports :
- la priorité donnée
aux transports collectifs urbains et interurbains,
- un plan national de
ferroutage sous le contrôle public de la SNCF,
- le développement du
transport fluvial,
- le soutien à tous
les investissements industriels pour la voiture propre de demain.
5 – Une
ré-industrialisation écologiquement innovante
Notre pays a besoin
d’une nouvelle politique industrielle innovante.
Cela suppose de
produire l’énergie nécessaire en conséquence. Mais cette ré-industrialisation doit être conduite dans le cadre d’une planification écologique vers des modèles plus économes en énergie et moins
producteurs de déchets.
La RetD est le parent
pauvre des multinationales, sacrifiée par la rentabilité à court terme. Energie, transport,… investir et soutenir la recherche aujourd’hui, c’est se préparer à répondre aux enjeux industriels et
écologiques de demain.
6 – Un plan national
cohérent et ambitieux de développement des énergies renouvelables nouvelles
Le bradage, aux firmes
privées, du potentiel hydroélectrique représente un véritable danger qu’il nous faut combattre.
Le développement
d’énergies nouvelles (solaire, éolien, géothermie…) est indispensable. Des politiques publiques de filières – cohérentes et pérennes – doivent être déployées.
Non pas
anarchiquement, au gré des volontés des promoteurs privés mais dans le cadre d’un schéma cohérent, au plan national et européen.
Cela permettrait
d’éviter le mitage de nos campagnes, au détriment des surfaces agricoles et des paysages, et surtout du montant des factures d’électricité. (notamment au sujet du Parc éolien des 2 Côtes entre
Dieppe et Le Tréport)
Nous réaffirmons notre
soutien au monde maritime, à leur activité essentielle à l’emploi et à l’équilibre de notre territoire, au secteur touristique.
Ces énergies sont
intermittentes et doivent être compensées, en cas d’arrêt par des centrales au gaz ou au charbon. Là aussi, cette nouvelle ambition doit être conduite sous maîtrise publique.
Nous défendons la
création d’une Agence Européenne de l’Energie pour dépasser la concurrence absurde entre opérateurs et entre pays.
L’Allemagne importe de
l’énergie nucléaire française, preuve qu’il y a des interconnexions entre pays et leurs productions d’énergie. Elles sont à améliorer dans l’intérêt des usagers.
7 – Un nucléaire
sécurisé, 100% public, dans un mix énergétique rééquilibré
La croissance à venir
des besoins, l’impératif de la lutte contre le réchauffement climatique, les capacités réelles de montée en charge des énergies renouvelables nouvelles nous conduisent à considérer que la
présence du nucléaire civil dans le mix énergétique restera nécessaire et qu’il est une garantie pour la maîtrise de la facture énergétique des français.
L’accident nucléaire
de Fukushima, causé par deux phénomènes naturels (séisme + tsunami) spécifiques à la région, est également le résultat de l’organisation du marché japonais de l’énergie.
Onze opérateurs privés
différents. TEPCO, soucieux des dividendes de ses actionnaires, avait maquillé des rapports sur l’état de la sureté des réacteurs, économisé sur l’entretien et l’élévation du niveau de
sûreté.
Le PCF estime ensuite
que la question immédiate essentielle qui se pose en matière de nucléaire civil est celle d’une élévation décisive, nationale et internationale, des garanties de sureté
nucléaire.
L’intégration de la
sous-traitance, la protection et les droits des personnels doivent redevenir des priorités, contre la recherche actuelle d’économies sur la sécurité.
Nous soutenons la
revendication des salariés du nucléaire d’un statut commun reprenant les plus hautes garanties sociales d’Areva et EDF.
Nous rendons hommage
au professionnalisme des salariés sous-statut et sous-traitants, qui, dans un univers complexe et relevant de la haute technologie, accomplissent leurs missions de service public en garantissant
le plus niveau de sûreté pour les populations alentours.
On peut parfois estimé
à juste titre qu’ils sont méprisés dans certaine déclaration.
8 – Une condition
expresse : la maîtrise publique
Où sont les effets
bénéfiques de la libéralisation du marché de l’énergie ? du démantèlement de la grande entreprise publique EDF-GDF ?
Si ce n’est pour la
rente des actionnaires d’EDF (3M en 2010) et GDF-SUEZ (près de 5M en 2010) et la flambée des factures.
L’énergie doit sortir
du marché. Nous défendons le principe d’une gestion de l’énergie 100% publique, avec la création d’un pôle public de l’énergie, regroupant EDF et GDF, ainsi que Total.
Nous voulons abroger
la loi NOME (1/3 de la production nucléaire revendu aux opérateurs privés).
Ce service public doit
avoir la capacité d’investir dans la recherche, la promotion d’énergie nouvelles et de nouvelles capacités de production, tout en maintenant un coût d’accès à l’énergie acceptable pour
tous.
La démocratie à tous
les niveaux doit être le moyen de garantir aux citoyens, aux élus et aux salariés, les droits d’information, de co-élaboration, de contrôle des décisions, d’évaluation de l’impact écologique des
productions et des risques industriels et sanitaires.
9 – Investir dans la
recherche
Une condition sine qua
non de la réussite d’une transition énergétique aussi ambitieuse est le déploiement d’un effort massif, public, de recherche, qui doit être mené dans toutes les directions.
10 – Garantir des
financements pérennes
La maîtrise publique
est indispensable pour empêcher le captage par les appétits privés, des ressources financières nécessaires au développement de la recherche et d’énergies nouvelles, aux péréquations de tarifs,
aux mutualisations et aux coopérations industrielles.
11-
Penly
Chaque déclaration
politicienne ajoute une épine dans le pied des entreprises locales qui se préparent à accueillir le chantier, dans le pied des jeunes, des chômeurs, des salariés qui souhaitent se former pour
travailler sur le chantier ou à l’exploitation, dans le pied des collectivités, des bailleurs HLM, des services publics qui doivent anticiper les besoins résultant du chantier ( logements, santé,
sécurité, transports, écoles…)
Nous réaffirmons à
l’occasion de cette visite que l’EPR de Penly est une nécessité pour la France et pour notre région pour les raisons développées ci-dessus que nous rappelons:
Tenir les
recommandations du GIEC, le Grenelle de l’environnement et le protocole de Kyoto en réduisant les GES
Produire et vendre de
l’électricité accessible en maîtrisant les coûts et le prix de vente à l’usager
Vers un nucléaire de
plus en plus sécurisé et efficace
Exemplaire
économiquement, socialement et écologiquement.
En lien avec les élus
locaux, les salariés et leurs syndicats, élaborer un cahier des charges du mieux-disant social
Vers une dynamisation
de l’économie locale et des formations
Au sujet de l’emploi
local, le besoin d’une clause territoriale dans le recrutement de la main d’œuvre pour que les 3000 emplois du chantier profitent à la population locale.
Concernant les
formations, qu’elles soient scolaires ou professionnelles, elles sont déterminantes si l’on veut contrer le dumping-social et le recours à la main-d’œuvre non qualifiée des pays à bas
coûts.
Je souhaite que l’on
fasse plus pour anticiper les besoins et qu’on lance une grande campagne d’information-formation-recrutement pour permettre à notre bassin d’emploi de profiter de l’élan du
chantier.
Paluel, Penly et
l’EPR, en partenariat avec EDF, Dieppe est dans les faits une capitale de l’énergie, une école d’ingénieur peut et doit voir le jour.
12- Débat d’envergure
nationale
La question de
l’énergie est l’affaire de tous. S’il ne doit pas empêcher les uns et les autres de soutenir leurs positions, le recours à un débat national sur l’avenir énergétique de la France (service public,
recours aux différentes énergies, etc.) est indispensable.